Les chercheurs ont établi la carte génétique du trichomonas, un
parasite qui augmente le risque HIV
Un consortium international mené par le Dr Jane Carlton et
collaborateurs de l'l'institut Genomic Research vient de publier la
séquence génétique du trichomonas vaginalis. Cette découverte va
permettre l'élaboration de nouvelles thérapeutiques pour améliorer
la prise en charge de cette infection irritante persistante et
parfois sérieuse.
Le trichomonas est l'infection sexuellement transmise la plus
fréquente. Le trichomonas est transmis lors d'un rapport sexuel
sans protection, les préservatifs peuvent prévenir la transmission.
Il peut également être occasionnellement transmis par un contact
direct. Le traitement standard est le Flagyl, mais le trichomonas
devient résistant à ce médicament ce qui rend nécessaire le
développement de nouvelles thérapeutiques.
Les hommes affectés n'ont fréquemment pas de symptômes et parfois
les femmes sont également asymptomatiques. Le diagnostic et le
traitement peut dès lors être difficile. Les symptômes incluent des
pertes vaginales ou péniennes jaunes verdatres, un prurit vulvaire
ou des brûlures à l'intérieur du pénis. Le trichomonas augmente le
risque d'acquisition du sida et a également été associé avec
l'accouchement prématuré et les bébés de faible poids à la
naissance. Le diagnostic est pratiqué par l'examen des sécrétions
vaginales chez la femme et des sécrétions urétrales chez
l'homme.
Selon le co-auteur, le Dr Hirt de l'université de Newcastle, la
plupart des cas de trichomonas vaginalis peuvent être soignés
facilement mais il y a entre 2 et 5 % de cas de résistance. Dès
lors, selon l'auteur, des alternatives médicales sont nécessaires.
Il espère que les informations qui révèlent les mécanismes qui
aident le trichomonas vaginalis à résister aux thérapeutiques
actuelles, vont permettre de produire de nouveaux médicaments et de
nouvelles techniques de diagnostic.
Un parasite au génome étonnamment grand
Trichomonas vaginalis (MST) Trichomonas vaginalis est un
protiste flagellé du genre Trichomonas, parasite de l'Homme. Sa
transmission est surtout vénérienne car il très sensible à la
dessication (il a donc besoin de milieux humides).
En entamant le séquençage du génome d’un parasite responsable
d’infections sexuellement transmissibles, les chercheurs ne
s’attendaient à pas à tomber sur un tel morceau. Trichomonas
vaginalis a beau être un protozoaire unicellulaire, son génome
contient de très nombreuses répétitions et le nombre total de gènes
pourrait se monter à 60.000. Pour l’instant, les chercheurs qui
publient dans la revue Science la première version du séquençage de
T. vaginalis ont confirmé l’existence de 26.000 gènes.
Ce parasite est très commun : il infecterait 170 millions de
personnes par an dans le monde. Ce sont surtout les femmes qui en
pâtissent. T. vaginalis provoquent des vaginites, des inflammations
de la muqueuse du vagin, qui s’accompagnent de pertes malodorantes.
Chez les hommes, l’infection passe souvent inaperçue. Le parasite
est parfois lié à des prostatites ou des inflammations de l’urètre.
Dans tous les cas la trichomonase favorise l’infection par le VIH.
La contamination se fait principalement par voie sexuelle.
Les logiciels utilisés par les chercheurs pour séquencer le génome
du parasite ont été déroutés par le nombre impressionnant de
répétitions qui affectent le génome du Trichomonas, explique le Dr
Jane Carlton (New York University School of Medicine, USA), qui a
coordonné les travaux depuis 2002. Autre surprise : l’ADN du
protozoaire contient de nombreux éléments mobiles, les transposons,
qui n’avaient encore jamais été observés chez un organisme
unicellulaire.
Les chercheurs suggèrent que ce parasite a migré de l’intestin vers
le système urogénital chez un de nos ancêtres et qu’à cette
occasion son génome s’est rapidement élargi. Ce riche patrimoine
génétique lui permet d’avoir une cellule plus large et plus grosse,
qui s’aplatit sur la muqueuse vaginale pour mieux la coloniser.
Pour se déplacer, le Trichomonas est équipé de plusieurs flagelles
alimentées en énergie par des hydrogénosomes, qui larguent de
l’hydrogène. Le parasite produit des vrilles qui pénètrent la
muqueuse vaginale et des protéines qui en détruisent les cellules.
Le parasite a également une attitude agressive à l’égard des
‘’bonnes’’ bactéries : il les phagocyte.
En identifiant des protéines propres au parasite, les chercheurs
espèrent ouvrir la voie à de nouveaux traitements. Il existe des
médicaments efficaces pour traiter la trichomonase, cependant des
résistances commencent à apparaître.
Vaginite à trichomonas vaginalis
On le retrouve de manière fréquente chez la femme comme parasite de
la cavité vaginale mais aussi de la vessie ou encore des glandes de
Skene et Bartholin.
La vaginite à Trichomonas vaginalis est la plus rare et la seule
vaginite en rapport avec infection sexuellement
transmissible.
La découverte d'une vaginite chez une femme doit faire rechercher
l'ensemble des germes responsables infections sexuellement
transmissibles.
Épidémiologie
- Uniquement par rapport sexuel et les hommes sont habituellement
asymptomatiques.
- Aucune circonstance favorisante
- Jusqu’à 50 % des cas sont asymptomatiques.
Signes cliniques
- C'est la plus prurigineuse des vaginites
- L'écoulement vaginal est abondant, souvent blanc-verdâtre et
spumeux
- Il existe un érythème du vagin, et de l’exocol
- La patiente se plaint de dyspareunie au niveau de l’orifice
vaginal
Aide du laboratoire
Le diagnostic se fait en examinant un prélèvement frais au
microscope au faible grossissement qui montre le protozoaire.
En cas de diagnostic de vaginite à trichomonas
vaginalis
- Il faut faire des prélèvements pour le diagnostic de la
chlamydiose et des infections gonococciques.
- Un test de détection du VIH est recommandé et vacciner la
patiente contre l’hépatite B
- Il faut songer à faire un prélèvement de sang pour des épreuves
sérologiques de détection de la syphilis.
Quels sont les traitements les plus courants ?
Il faut traiter toutes les personnes (patiente et tous les
partenaires connus), symptomatiques ou pas, par:
- métronidazole : 2 grammes par os en dose unique
- Conseiller aux patientes de ne pas consommer de boissons
alcooliques durant le traitement au métronidazole ni dans les 48
heures qui suivent afin de prévenir les réactions de type «
antabuse ».
- Eviter les rapports sexuels sans préservatif jusqu'à la guérison
(clinique ou parasitologique)
Le traitement par métronidazole n'est pas contre-indiqué pendant la
grossesse, à tous les stades, ni pendant l'allaitement.
Trichomonas vaginalis chez l'homme
On retrouve également Trichomonas vaginalis chez l'homme au niveau
du sillon balano-préputial, de la prostate et des vésicules
séminales. Mais il est asymptomatique d'où son dépistage difficile
chez l'homme et donc une dissémination du parasite peu contrôlable.
Le dépistage pourra être fait par recueil de la première goutte du
méat le matin avant toute miction, ou encore par massage
prostatique.
trichomonase
s.f. [trichomonasis]. Infection par un trichomonas (protozoaires
pyriformes flagellés), la plus fréquente étant la trichomonase
uro-génitale (Trichomonas vaginalis) se traduisant chez la femme
par une vaginite, et chez l'homme par une uréthrite discrète (MST).
La trichomonase intestinale (Trichomonas intestinalis) est rare en
France.
Symptômes
1) chez la femme
- Ecoulement vaginal abondant (leucorrhée : perte) de coloration
verte tirant sur le jaune et de consistance mousseuse et
généralement malodorante à l'origine de rougeur et de vif prurit
(démangeaison)
- Douleurs du périnée. Le périnée est la région qui constitue le
plancher du petit bassin, c'est-à-dire la région du bassin où se
trouvent les organes génitaux externes (vulve chez la femme) et
l'anus. Cette région se présente différemment chez la femme et chez
l'homme.
- Douleurs dans les cuisses quelquefois
- Dyspareunie qui est une douleur au moment du coït (rapport
sexuel) chez la femme sans qu'il existe une contracture de la
vulve, cette douleur pouvant être persistante, permanente ou
intermittente.
- Dysurie (difficulté à uriner) associée à des brûlures pendant
les mictions qui sont trop fréquentes (pollakiurie)
- Quelquefois les symptômes sont plus discrets, ce sont des
brûlures et des démangeaisons légères ou des douleurs lors des
rapports sexuels. Quelquefois il existe aucun symptôme mais la
maladie est tout de même contagieuse.
A l'examen la vulve et le périnée sont irrités et quelquefois il
existe un œdème (augmentation de volume des tissus due à
l'infiltration d'eau secondaire à une inflammation) des lèvres de
l'appareil sexuel externe.
L'intérieur du vagin, à l'examen, montre quelquefois la présence de
petites taches de couleur fraise accompagnées d'une sécrétion
accrue.
2) chez l'homme, les infections par trichomonas sont le plus
souvent très discrètes mais peuvent néanmoins s'accompagner :
- D'un écoulement urétral (écoulement anormal d'un liquide par la
verge) de nature mousseuse s'accompagnant quelquefois de pus
- De rougeurs et de gonflement autour de l'orifice urétral au
niveau de la verge
- De rougeur du sillon balanopréputial (situé à la base du
gland)
- De dysurie (troubles urinaires)
- De pollakiuries modérées (nombre des mictions exagéré). La
miction étant le fait d'éliminer le contenu de la vessie. Cette
pollakiurie survient généralement le matin.
- De douleurs du bassin quelquefois plus ou moins
importantes.
Il peut survenir des complications si la prise en charge ne se fait
pas convenablement, ce peut être une épididymite (inflammation de
l'épididyme). L'épididyme est un organe cylindrique situé derrière
chaque testicule et s'étalant en "embrassant " celui-ci, faisant
suite aux canaux efférents qui sont des sortes de petits tubes
sortant du testicule. L'épididyme se prolonge par le canal déférent
ou canal spermatique, qui débouche dans l'urètre et qui est destiné
à évacuer à la fois les urines et le sperme. Le canal de
l'épididyme est microscopique et très long. Sa forme anatomique le
maintient pelotonné sur lui-même. C'est à l'intérieur de celui-ci
que les cellules spermatiques, c'est-à-dire les précurseurs des
spermatozoïdes produits dans le testicule, progressent lentement en
achevant leur maturation.
Analyses médicales
Mise en évidence des trichomonas dans les sécrétions vaginales
ou urétrales examinées frais ou après coloration.
Il est également possible de rechercher le germe dans le culot de
centrifugation des urines. Le culot de centrifugation est obtenu
après récupération des urines mises dans un appareil de
centrifugation qui permet d'obtenir dans le fond du tube un dépôt
qui est soit examiné directement au microscope, soit mis en
culture. Les analyses permettent également de vérifier la présence
ou l'absence d'autres maladies dues à des MST (maladie sexuellement
transmissible).
Traitement
Antibiotique imidazolés (métronidazole) généralement
pendant une semaine soit sous forme de traitement minute (en un
seul jour). Dans ce cas, le traitement comporte généralement 2
grammes pris sous forme de comprimé en une seule prise, ce qui
habituellement guérit jusqu'à 95 % des femmes. L'association d'un
traitement local par un comprimé gynécologique de métronidazole
matin et soir est un complément au traitement précédemment décrit.
Les hommes nécessitent habituellement 500 mg deux fois par jour
pendant 7 jours.
Quelquefois il est utile d'utiliser la même molécule (médicament)
sous forme d'injection intraveineuse avec un traitement local.
Le métronidazole est néanmoins (dans certains cas) à l'origine
de surinfection par des champignons (candidose), ou peut
entraîner une leucopénie (diminution du nombre des globules blancs
dans le sang).
L'utilisation de ce médicament ne doit pas se faire pendant le
premier trimestre de la grossesse.
Les partenaires sexuels sont généralement traités en même temps
(même s'il n'existe pas de signe d'infection par trichomonas), ceci
pour éviter toute récidive.
Utilisation de préservatifs (contagion).
En ce qui concerne les infections du tractus gastro-intestinal dues
à la variété de trichomonase responsable (voir ci-dessus), le
métronidazole est également efficace dans ces cas-là.
La difficulté du traitement réside dans l'utilité d'examiner et de
traiter l'ensemble des partenaires.