ÉJACULATION
L’éjaculation est l’expulsion (habituellement en jet) d’un liquide biologique, à l’approche ou au moment de l’orgasme. Chez l’homme, l’éjaculat est constitué de sperme, alors que chez la femme, il s’agit du fluide sécrété par les glandes de Skene.
Chez l'homme
Il s'agit de l'expulsion du sperme, le plus souvent accompagnant l'orgasme.
Chez l’homme, l’éjaculation s’accomplit en deux phases :
⇒ l’émission : dans un premier temps, les canaux déférents, les vésicules séminales et la prostate se contractent en expulsant le sperme vers la base de l’urètre, ce qui provoque une tension de cette région. Cette étape est ressentie par l’homme comme un point de non-retour, l’orgasme va se produire ; on parle de point d’inévitabilité éjaculatoire .
⇒ l’expulsion du sperme : les muscles situés autour de la base de la verge et de l’anus (muscles pubococcygiens du périnée) se contractent par saccades, c’est l’éjaculation, le sperme est expulsé par le méat urétral.
Le volume normal d’une éjaculation est compris entre 2 à 6 mL pour un ordre d’idée la contenance admise d’une cuillère à café est de de liquide : au-delà de 6 mL, on parle d’hyperspermie, en dessous de 2 mL, on parle d’hypospermie.
En général, le pénis perd son érection après l’éjaculation.
Lors de la puberté, les premières éjaculations peuvent avoir lieu sans émission de sperme, sa production n’étant pas encore fonctionnelle.
En dehors d’une stimulation sexuelle active, l’éjaculation peut se produire pendant le sommeil ; on appelle parfois ce phénomène « émission nocturne » ou « pollution nocturne ». Ces éjaculations peuvent se produire à partir de l’adolescence et moins fréquemment au cours de l’âge adulte ; elles sont considérées comme normales. L’éjaculation nocturne correspond souvent à un rêve érotique. Enfin, il n’y a pas de corrélation entre l’abstinence sexuelle et leur fréquence. )
L’éjaculation est généralement concomitante à l’orgasme. Cependant, les deux ne sont pas forcément liés. Il est courant d’éjaculer sans orgasme (c’est souvent le cas des éjaculations précoces) et il est aussi possible d’avoir des orgasmes sans éjaculer. Déjà enseigné dans certains écrits tantriques et taoïstes, cet apprentissage permet à l’homme de ne pas perdre son érection après un premier orgasme sans éjaculation (on parle d’injaculation, d’étreinte réservée, d’orgasme sec, de coup sec…) et de devenir multi-orgasmique [ Male Multiple Orgasms , sur un site web de l’Université de Californie à Santa Barbara (UCSB). ].
Éjaculation précoce
L’éjaculation précoce survient en moins de trois minutes après le début de la stimulation sexuelle. Bien que n’étant pas une maladie, car l’homme qui éjacule rapidement fonctionne sexuellement bien, elle peut avoir des conséquences sur la relation sexuelle.
Éjaculation rétrograde
Chez certains hommes, l’absence d’émission de sperme lors de l’orgasme a pour origine une anomalie anatomique. L’éjaculation est alors redirigée partiellement ou en totalité vers la vessie. Cette éventuelle cause de stérilité peut être palliée par une opération chirurgicale ou par prélèvement et insémination artificielle.
L’éjaculation rétrograde peut être artificiellement recréée chez un individu sain en comprimant fortement l’urètre par pression digitale au niveau du périnée lors de l’éjaculation. Cependant, cette opération ne doit pas être réalisée à des fins contraceptives étant donné le risque très élevé de faibles émissions résiduelles mais suffisantes à la fécondation.
L’ ablation chirurgicale d’un adénome de la prostate a souvent pour effet secondaire l’éjaculation rétrograde.
Chez la femme
On peut aussi parler d’éjaculation chez certaines femmes, qui libèrent aussi en jet souvent lors de l’orgasme un liquide sécrété par les glandes de Skene situées en dessous de l’urètre. En général, cette expulsion est liée à une stimulation du point G et/ou du clitoris.
Ce phénomène d’éjaculation très variable peut aller de la simple goutte imperceptible à la libération d’importantes quantités de liquide (parfois supérieures à unité
, en plusieurs fois… ). Souvent, les témoignages révèlent qu’un couple peut passer des années sans que se produise ce phénomène. Les études sexologiques souvent liées aux études sur le point G montrent que la plupart des femmes peuvent (au moins potentiellement) éjaculer. Il semblerait aussi qu’il soit plus facile d’éjaculer à l’approche des menstruations (hypersensibilité), pendant une grossesse, lorsque les partenaires sont en totale confiance et/ou lorsque la femme est totalement détendue et relaxée .
Par manque d’habitude, les femmes ont souvent du mal à dissocier l’envie d’éjaculer de l’envie d’uriner. En fait, le liquide sécrété n’est en rien de l’urine, mais se rapproche par sa composition du liquide séminal masculin. La plupart du temps, la couleur est translucide et la texture liquide. Certaines femmes ont cependant un éjaculat qui peut être plus ou moins visqueux, il se teinte alors parfois d’une couleur blanche.
Lorsque cette éjaculation est abondante, l’expression « femme fontaine » est parfois utilisée ; elle a été donnée pour la première fois par une psychanalyste française .
Parfois, le liquide éjaculé se mélange à la cyprine (lubrifiant sécrété par les glandes de Bartholin près du vagin) et peut occasionnellement provoquer des troubles passagers de la sensation de pénétration .
Voir aussi
⇒ Éjaculation anhédonique
⇒ Éjaculation féminine
Sources
⇒ Deborah Sundahl, Tout savoir sur le point G et l’éjaculation féminine, Paris, Tabou, 2005.
Notes
ÉJACULATION PRÉCOCE
L’éjaculation précoce est une éjaculation qui survient en moins de après le début de la stimulation sexuelle.
L’éjaculation précoce n’est pas une maladie, mais pour partager le plaisir, il peut être important de pouvoir retarder le moment de l’orgasme. Le vrai problème de l’éjaculation précoce est pour ceux qui ont mis en place le cercle vicieux de l’échec et qui se laissent systématiquement surprendre par leur éjaculation.
Bien que les femmes n’éjaculent pas systématiquement, elles peuvent aussi souffrir du fait d’avoir trop rapidement leur orgasme.
On parle d’éjaculation précoce primaire lorsque l’homme a toujours éjaculé de façon incontrôlée, depuis son premier rapport sexuel, malgré une longue expérience et des rapports sexuels répétés, avec des partenaires stables. On parle d’éjaculation précoce secondaire lorsqu’un homme qui n’avait pas de problème de contrôle de son éjaculation s’y trouve soudainement confronté de façon répétée. Souvent c’est à la suite d’un choc émotionnel que l’éjaculation précoce apparaît.
Est-ce courant ?
L’éjaculation prématurée, encore appelée éjaculation précoce, est la préoccupation sexuelle masculine la plus répandue. 75 % des hommes interrogés par le rapport Kinsey (1948) disent éjaculer en moins de deux minutes après la pénétration . Environ un tiers des hommes consultant en sexologie se plaignent de cette difficulté qui motiverait 20 % des demandes concernant la sexualité en médecine générale.
Pour un homme sur trois souffrant d’éjaculation précoce, cette condition est source de colère, de honte et de dépression. La moitié des hommes atteints d’éjaculation précoce avouent culpabiliser et éprouver un sentiment d’échec .
Pour les plus jeunes
On ne peut pas parler d’éjaculation précoce lorsque l’homme est encore vierge. Le fait de faire durer plus longtemps la masturbation, d’éviter de la pratiquer lorsque l’on n’est pas à l’aise (peur d’être surpris, etc.) et de ne plus chercher l’éjaculation la plus rapide possible (2 à ) est positif et permet de découvrir le plaisir lié à la masturbation en elle-même et non plus seulement celui lié à l’éjaculation.
De la même façon, il ne faut pas s’inquiéter si les premiers rapports sexuels sont très rapides. Il faut laisser le temps au corps et au cerveau de s’habituer à toutes ces nouvelles sensations. Ne surtout pas négliger les préliminaires : les raccourcir ne permettra pas de tenir plus longtemps et aura pour conséquence de focaliser encore plus l’acte sexuel sur la pénétration et sur les sensations au niveau du gland.
Une première chose à essayer
Une éventuelle utilisation de lidocaïne en application locale avec une augmentation de la fréquence des rapports sexuels suffit dans les formes mineures d’éjaculation rapide.
Soigner son éjaculation précoce
Cette section ne donne pas une recette miracle à l’éjaculation précoce (il n’y en a pas). Elle a juste pour objectif de convaincre l’éjaculateur précoce de l’existence de solutions à son problème et de lui donner une idée des voies à explorer. En tout état de cause, l’aide d’un médecin est nécessaire.
Bases
Il existe différentes méthodes sérieuses permettant d’améliorer ce problème. Cependant elles demandent :
⇒ Un réel investissement de l’homme (et de sa compagne ou son compagnon) ;
⇒ Une réelle volonté de s’en sortir et une motivation forte (la résolution d’un tel problème passe la persévérance et le fait de ne pas se décourager lors des moments de déception qui ne manqueront pas de jalonner la période de rééducation) ;
⇒ Un travail mental pour reprendre confiance en soi, aidé par sa partenaire. L’appui d’un médecin compétent dans ce domaine ou un sexologue est donc à recommander.
Il est à savoir également que :
⇒ L’éjaculation précoce n’est pas due à une malformation physique ;
⇒ L’hypersensibilité du gland que ressent l’éjaculateur précoce est totalement réversible ;
⇒ Ce trouble n’est pas sa faute, que ce n’est pas une maladie, mais au contraire, une preuve d’un bon fonctionnement.
Le soutien du partenaire
L’appui du partenaire est fondamental. Souvent l’éjaculateur précoce s’enferme dans un cercle vicieux et se replie sur lui-même. Le dialogue, même s’il est certainement difficile à engager, est un premier pas nécessaire et libérateur. Si la/le compagne/compagnon doit faire le premier pas, elle/il doit trouver les mots qui expriment clairement ses frustrations et ses attentes mais en assurant son compagnon de tout son soutien et son amour. Il ne sert à rien d’attendre : la politique de l’autruche ne permet pas d’espérer trouver une solution miracle et l’attente finit par amplifier les frustrations et le ressentiment qui risquent alors de déteindre sur les autres aspects de la relation de couple.
Pour les éjaculateurs précoces qui ne sont pas en couple stable, il y a tout un travail de rééducation qu’ils peuvent faire seuls. Le besoin de l’aide d’une/un compagne/compagnon n’est nécessaire que pour la phase en couple, pour apprendre à gérer l’excitation. Néanmoins, cette phase peut aller très vite, sans être très contraignante pour la femme/l’homme (à part l’interdiction de pénétration).
Il ne faut pas craindre le jugement d’une/un nouvelle/nouveau compagne/compagnon. Un homme/Une femme qui a des sentiments sera indulgent(e) et attentionné(e), surtout si il/elle voit en face de lui/d’elle quelqu’un de volontaire, de solide, dans sa vie de tous les jours et devant ce problème. Il faut établir avant tout une relation affective et de confiance. Pour le premier rapport, il faut avoir confiance (aidé en cela par des exercices de rééducation et le travail d’autopersuasion). Au moindre échec, il ne faut pas se replier sur soi-même. Il faut dialoguer avec son/sa partenaire.
Les exercices
La correction de l’éjaculation précoce peut être vue comme une rééducation par des exercices. Leur but est d’apprendre à contrôler et stabiliser son niveau d’excitation : ce n’est en effet pas le réflexe éjaculatoire qui échappe au contrôle de l’éjaculateur précoce, mais bien le niveau d’excitation qui conduit au déclenchement réflexe de l’éjaculation. Il n’est pas possible d’agir sur le réflexe éjaculatoire mais uniquement sur le niveau d’excitation le déclenchant.
Voici les exercices à suivre dans un premier temps :
⇒ Éviter de contracter la musculature pelvienne et les adducteurs des cuisses, car cela précipite l’éjaculation. Il faut au contraire se relâcher comme lors de la miction, et apprendre progressivement à anticiper le réflexe éjaculatoire.
⇒ Effectuer quotidiennement des séries de musculation de la zone du périnée permettent progressivement de prendre conscience de l’existence de ces muscles et de découvrir des façons de les utiliser, en particulier les effets sur l’excitation des contractions ou des décontractions.
⇒ Apprendre à repérer les sensations qui annoncent l’imminence de l’éjaculation afin de ne plus se laisser surprendre par son éjaculation.
⇒ Aborder des techniques de relaxation, comme la sophrologie, ont ici tout leur intérêt et peuvent permettre à l’homme de mieux habiter son corps et d’accroître sa capacité de repérer le seuil éjaculatoire.
⇒ Effectuer des séances de masturbation pendant lesquelles on s’astreint à ne pas éjaculer avant un certain temps. Cela permet d’apprendre à séparer excitation et éjaculation.
⇒ Aborder la masturbation autrement : d’ordinaire, l’homme cherche dans la masturbation le soulagement par l’éjaculation, d’une certaine tension sexuelle. Malheureusement, il acquiert ainsi un automatisme d’excitation rapide qui l’amène vers une éjaculation plus rapide. Pour contrer cela, il faut apprendre à savourer toute la masturbation, à prendre plaisir à une érection et à une excitation qui durent, à mieux repérer ses niveaux d’excitation sexuelle.
Dans un second temps, il y a plusieurs exercices à pratiquer selon les programmes de rééducation envisagés :
⇒ Injonctions paradoxales (éjaculez le plus vite possible !) ;
⇒ Séances programmées de massages mutuels ;
⇒ Enseignement du stop and go ou du squeeze (voir plus bas) ;
⇒ Apprentissage de la stabilisation parfaite de son excitation malgré une très forte stimulation.
Ces techniques peuvent être décevantes lorsqu’elles sont proposées comme des recettes toutes faites. Leur but est d’inciter le patient, avec l’aide de sa partenaire, à faire un travail sur soi, à moduler son niveau d’excitation, à repérer les signes prémonitoires du réflexe éjaculatoire et en influencer le seuil. Alors qu’il vivait le plus souvent une sexualité anhédonique, il est invité à « goûter » le plaisir qui précède et accompagne la décharge éjaculatoire et à partager cette découverte avec son/sa partenaire.
⇒ La technique comportementale inventée par Seemans et reprise par Masters et Johnson : le squeeze
Elle consiste à demander à le/la partenaire de serrer fortement la base du gland à un signal de l’homme. Cette méthode est efficace si le signal de l’homme est réalisé suffisamment tôt, c’est-à-dire avant de sentir le risque d’éjaculer.
En fait, l’essentiel n’est pas tant le serrement que son signal ; car qui dit signal dit repère : l’homme souligne (repère) ainsi le niveau d’excitation atteint. Il étalonne son excitation. Le serrement n’a pour but qu’une réassurance.
On comprend que si le signal est effectué trop tard, au moment où l’homme sent qu’il risque d’éjaculer, ce serrement va comprimer l’urètre empêchant provisoirement au sperme de s’évacuer ; au relâchement, il coulera sans pression.
⇒ Le Stop and Go de Kaplan
Elle consiste à varier et même à arrêter les mouvements selon son excitation. On demande à l’homme de se concentrer sur ses sensations ; dès qu’il perçoit les signes annonciateurs de la survenue de son éjaculation, il fait un signe à son/sa partenaire d’arrêter tout mouvement « Stop ».
Son excitation ayant diminué, il fait de nouveau le signal à son/sa partenaire de reprendre la stimulation « Go ». Il s’agit d’une des méthodes les plus simples et des plus efficaces, mais demande une grande concentration.
En cas d’échec, nous devons repérer et évaluer une étiologie névrotique, la cure analytique sera alors à envisager. S’il existe un conflit de couple sous-jacent expliquant l’origine de l’éjaculation prématurée, une thérapie de couple sera alors à envisager.
La solution médicamenteuse
Un antidépresseur semble donner de bon résultats : Venlafaxine ( ), sertraline ( 50 mg/j) ou paroxétine (20 à 40 mg/j). Cependant, ces médicaments doivent être prescrits en association avec l’approche psychodynamique et comportementale, et vus comme une aide temporaire. Comme tout médicament, le recours à des antidépresseurs a des effets secondaires plus ou moins gênants et doit se faire dans le cadre d’un suivi médicalisé.
Remarques
Il existe beaucoup de moyens de faire l’amour qui ne nécessitent pas de pénétration et qui donc libèrent les partenaires du stress de ne pas pouvoir assurer une pénétration qui répond à leur attente ou à leur idée de l’acte sexuel. Et pour toutes ces variantes de l’acte sexuel, un éjaculateur précoce n’est aucunement gêné par son problème.
N’oublions pas que l’acte sexuel est avant tout un moment d’intimité partagé, de relaxation, de tendresse, de recherche de son plaisir et de partage. Nul besoin de rendre ce moment anxiogène en voulant à tout prix se conformer à un modèle.
Références
Voir aussi
Articles connexes
⇒ Éjaculation
⇒ Éjaculation anhédonique
Liens et documents externes
ÉJACULATION ANHÉDONIQUE
L’éjaculation anhédonique, ou anhédonie éjaculatoire, est une éjaculation sans plaisir ressenti, chez un homme, pendant un rapport sexuel ou une masturbation.
Ce trouble ne doit pas être confondu avec :
⇒ l’anorgasmie masculine, dans laquelle il n’y pas d’orgasme, avec ou sans éjaculation ;
⇒ l’injaculation dans laquelle il y a orgasme, sans éjaculation.
SEXOLOGUE
La sexologie est un champ professionnel aux contours mal définis, et qui est souvent l'objet de préjugés et de stéréotypes négatifs.
Il existe, outre les sexologues de formation, des médecins généralistes sexologues, des psychologues sexologues, des gynécologues sexologues, des psycothérapeutes sexologues, des psychiatres sexologues.
L'Université du Québec à Montréal (UQAM) est la seule institution universitaire qui offre un programme de baccalauréat et de maîtrise en sexologie. Les sexologues seront formés dans un contexte interdiscipliaire incluant principalement les aspects biologiques, psychologiques, sociologiques et sexologiques de la sexualité.
Les sexologues utilisent la thérapie de couple, le conseil conjugal, les psychothérapies de soutien, les sexothérapies de type Masters et Johnson, des approches psycho-corporelles, sexocorporelles (Jean-Yves Desjardins), des approches sexoanalytiques (Claude Crépeau), des approches cognitivo-comportementales, etc.
Les sexologues traitent les problèmes posés dans l'exercice de la sexualité, que ce soit avant le rapport ou durant le rapport :
⇒Les troubles « préliminaires » au rapport : problème de désir (trop ou pas assez), problème de l'imaginaire (fantasmes), etc.
⇒Les troubles de la réalisation du rapport : difficulté à être d'accord sur les préliminaires, douleurs, impossibilité de pénétrer (perte de l'érection ou douleur), éjaculation précoce, etc.
⇒Les troubles de l'aboutissement du rapport : pas d'éjaculation, pas d'orgasme, etc.
⇒Les questions générales sur la sexualité : conseils, éducation sexuelle, réponse aux angoisses (questions sur la normalité), problèmes organiques (taille du pénis, mutilations, reconstruction), questionnement sur l'orientation sexuelle, problèmes de genre (transsexualisme), comportements particuliers (déviances sexuelles), etc.
⇒ Post SSRI Sexual Dysfunction (PSSD) : PSSD est un dysfonctionnement sexuel qui est causé par un traitement par les médicaments antidépresseurs ISRS. Le PSSD est un problème sexuel qui persiste après la fin du traitement par l'ISRS.
Selon le type de trouble, il pourra être conseillé de faire appel à un sexologue de formation initiale particulière (par exemple dans les problèmes organiques, il est clair qu'un clinicien ne peut apporter l'aide principale).
Des sexologues chercheurs de l'UQAM travaillent à développer des programmes d'intervention auprès de plusieurs clientèles telles que les adolescents, les jeunes adultes ou les personnes âgées, qui traiteront de diverses problématiques telles que l'hypersexualisation des jeunes filles ou encore le port du condom.
Voir également
⇒Sexologie
⇒Liste de sexologues
SEXOLOGIE
La sexologie est l'étude de la sexualité humaine et de ses manifestations.
La sexologie étudie tous les aspects de la sexualité, à savoir le développement sexuel, les mécanismes des rapports érotiques, le comportement sexuel et les relations affectives, en incluant les aspects physiologiques, psychologiques, médicaux, sociaux et culturels.
La sexologie, dans sa forme moderne, est une science récente qui s'est développée à la fin du XX. Elle est au carrefour de plusieurs disciplines, comme la médecine, les statistiques, l'épidémiologie, la biologie et les neurosciences, la criminologie, l'histoire, la psychologie et la sociologie.
Elle étudie également la sexualité de certains groupes particuliers, comme les handicapés, les enfants et les personnes âgées, mais étudie aussi les pathologies sexuelles telles que les dysfonctions sexuelles, l'obsession sexuelle, les violences sexuelles, et les pratiques marginales comme les paraphilies et les perversions.
La sexologie traite également des sujets particuliers comme l'avortement, le contrôle des naissances, l'abus sexuel, les nouvelles techniques de reproduction ou la santé sexuelle.
Étude de la définition
Étymologie
Le mot sexologie est formé à partir du latin sexus et du grec logos, l'expression signifiant : discours sur le sexe .
La création étymologique du terme sexologie est similaire à celles des termes biologie, psychologie, sociologie ou théologie. L'intention est bien de créer un mot qui désigne la science du sexe.
Histoire du concept
Le mot sexologie est apparu en 1911. C'est un mot récent qui désignait à l'époque l'étude de la détermination du sexe des enfants avant la naissance.
Après les années 1960, le mot désignera surtout une discipline médicale d'étude des pathologies de la sexualité.
Actuellement, le mot sexologie tend à désigner une science structurée, ayant pour objet l'étude globale de la sexualité.
Histoire de la sexologie
La sexologie est une science récente.
Les premières études de la sexualité humaine ont été réalisées seulement à la fin du XIX. Les principaux pionniers sont Richard von Krafft-Ebing, Havelock Ellis, Bronislaw Malinowski et Sigmund Freud. Quant aux premières études scientifiques, elles n'ont été réalisées qu'après la seconde guerre mondiale. Les premiers chercheurs étaient Alfred Kinsey et Masters & Johnson.
La sexologie ne s'est vraiment développée qu'après la période historique et sociologique de la révolution sexuelle des années 1960-1970. Initialement, la sexologie concernait surtout les troubles de la sexualité. Ce n'est que très récemment que la sexologie tend à étudier l'ensemble des faits sexuels des animaux et des Hommes.
Objectifs, champs d'application et limites de la sexologie
L'objectif de la sexologie est, a priori, l'étude scientifique de la sexualité, tant animale qu'humaine.
Son champ d'action devrait être l'étude de toutes les caractéristiques et faits sexuels des organismes sexués. Mais, pour des raisons sociologiques et historiques, le champ de la sexologie contemporaine se limite à la sexualité humaine, et, principalement, à ses aspects pathologiques.
L'évolution la plus récente est de limiter le champ de la sexologie à l'étude de la sexualité humaine et animale dans ses aspects hédoniques.
Remarque : l'objectif de la sexologie est de comprendre et d'expliquer la sexualité (aspect descriptif) ; c'est l'éthique qui cherche à savoir si un comportement sexuel est de l'ordre du bien ou du mal (aspect prescriptif).
Les méthodes et les moyens de la sexologie
La méthode de la sexologie est l'interdisciplinarité, voire la transdisciplinarité : réunir et intégrer dans une analyse et une réflexion commune toutes les données des différentes sciences (génétique, biologie, éthologie, psychologie, médecine…) qui abordent chacune un aspect limité la sexualité.
La méthode n'est pas une simple juxtaposition de données pluridisciplinaires, mais une intégration de ces données, permettant de parvenir à un niveau supérieur de compréhension de la sexualité.
Les acteurs de la sexologie
Les acteurs de la sexologie ont été et sont encore actuellement essentiellement des médecins, et, secondairement, des praticiens du domaine médical.
Quelques chercheurs, biologistes, éthologues, ethnologues, psychologues, sociologues ou historiens, ont apporté, le plus souvent ponctuellement, des contributions parfois notables.
La caractéristique la plus significative de ces acteurs, est qu'ils ne sont qu'une faible minorité à travailler uniquement sur la sexualité. Le sexologue à temps plein est une exception.
L'enseignement de la sexologie
L'enseignement de la sexologie s'est développé depuis les années 1970, souvent avec beaucoup de difficultés.
Dans la plupart des pays du monde, cet enseignement est effectué dans les universités. Sauf au Québec, où il existe une formation universitaire de premier et deuxième cycles, la sexologie est un enseignement de spécialisation qui est uniquement complémentaire aux études médicales ou psychologiques.
En Europe, la formation en sexologie prépare les médecins et les psychologues qui souhaitent devenir sexologues, à prendre en charge les troubles sexuels. Tous les professionnels de la santé non sexologues ne reçoivent pas de formation sur la sexualité.
Les actions concrètes de la sexologie
Les actions concrètes de la sexologie sont essentiellement d'ordre thérapeutique.
Des actions sont également menées dans le domaine de l'information sexuelle, mais concernent surtout la prévention des maladies sexuellement transmissibles. L'éducation sexuelle, qui de plus n'aborde que rarement les aspects relationnels et hédoniques de la sexualité, est marginale.
Les actions de recherche sont limitées, et concernent principalement certaines pathologies sexuelles ( dysfonctions érectiles, troubles psychologiques). La recherche fondamentale est quasi inexistante.
Les problèmes actuels de la sexologie
Le principal problème de la sexologie est essentiellement culturel. La sexualité n'est pas considérée, sauf en cas de pathologie, comme étant une caractéristique importante et sérieuse de l'existence humaine. De plus, la sexualité est un sujet particulier dans les sociétés occidentales, qui suscite souvent des polémiques, voire parfois une réelle hostilité.
Pour ces raisons, il n'existe pas de volonté institutionnelle, et donc pas de moyens significatifs, pour développer la recherche, l'enseignement et la formation en sexologie.
Annexes
Voir également
⇒Sexualité
⇒Sexologue
⇒Paraphilie
⇒Liste des sexologues
Liens externes
⇒ L'Université de Berlin, la plus importante base de données sur la sexualité humaine ( Documents en français / Accueil principal )
⇒ AIHUS - Association inter-hospitalo universitaire de sexologie
⇒ Le site du département de sexologie de l'Université du Québec à Montréal
⇒ Kinsey Institute aux USA
⇒ Histoire de la Sexologie Clinique Française
⇒ Ecole Française de Sexologie à Paris
⇒ Le site de l'Institut de sexologie
⇒ Dictionnaire sexuel
Références
⇒ Sigmund Freud : Trois essais sur la théorie sexuelle, Ed.: Gallimard, 1989, Coll.: Folio essais, ISBN 2070325393
⇒ Georges Abraham: Introduction à la sexologie médicale, Ed.: Payot, 1985, Coll.: Bibliothèque scientifique, ISBN 2228114626
⇒Philippe Brenot. Sexologie. in Dictionnaire de la sexualité humaine . L'esprit du temps 2004
⇒Voir également les références données dans les articles détaillés.